Duftende Blütenpracht  Coaching pour personnes hypersensibles
Hypersensibilité Êtes-vous hypersensible? Important à savoir sur l’hypersensibilité Forces et défi de l’hypersensibilité au plan personnel et dans les organisations Que faire de mon hypersensibilité? Et l’hypersensibilité masculine?

Hypersensibilité

L’hypersensibilité s’entend ici au sens des travaux de Dr. Elaine Aron, psychologue clinicienne étatsunienne et chercheuse en psychologie. Son livre désormais classique «The Highly Sensitive Person» (en français: «Hypersensibles, mieux se comprendre pour mieux s’accepter») présenta le concept en 1996. Les milieux thérapeutiques sont loin d’avoir unanimement reconnu l’hypersensibilité comme un trait de personnalité à part entière. Certains doutent même de ce qu’un tel trait puisse exister en tant que tel et y voient plutôt autre chose: névroses, narcissisme... De fait, l’hypersensibilité apporte certains éléments de personnalité qui peuvent aussi avoir d’autres origines. Par exemple, un traumatisme peut causer une hypersensibilisation. Toutefois, celle-ci se manifestera plutôt dans certains contextes spécifiques, alors que l’hypersensibilité en tant que trait autonome existe 24 heures par jour, indépendamment de tout déclencheur extérieur. Il existe dans la recherche neurologique de premiers indices que les axones, ces terminaisons des cellules nerveuses qui transmettent les influx nerveux, portent chez les hypersensibles une enveloppe de myéline plus épaisse. Cela influencerait la vitesse et l’intensité de transmission des signaux nerveux. Mais une telle myélinisation se trouve aussi chez certaines personnes souffrant d’un stress post-traumatique. La recherche en est à ses débuts, mais s’est récemment intensifiée. (Cf. en particulier les travaux de Michael Pluess à l’université Queen Mary de Londres, et plus généralement le réseau international «Sensitivity Research».) L’hypersensibilité concerne tout le monde. Car même ceux qui ne sont pas hypersensibles ont forcément affaire à des personnes qui le sont – dans leur vie privée ou dans les entreprises et organisations. Dans de nombreux pays, des entreprises sont très activement à la recherche de «talents». Peut-être ont-elles des talents cachés dans la maison et ne s’en sont-elles même pas aperçu?

Êtes-vous hypersensible?

Pour le savoir, ouvrez le moteur de recherche de votre choix et cherchez «Elaine Aron Test». Le fameux questionnaire de Dr. Elaine Aron se trouve sur de nombreux sites web et en de nombreuses langues. Il en existe différentes versions avec au maximum 23 question. Quelques-unes des caractéristiques de l’hypersensibilité sont décrites dans ce qui suit. Bien sûr, aucun des traits décrits ne concerne 100% des hypersensibles. Et chaque trait pris isolément se trouve aussi chez des individus non hypersensibles.

Important à savoir sur l’hypersensibilité

1. Elle n’est ni un trouble mental, ni un dysfonctionnement qu’il faille guérir par thérapie, mais un trait inné qui accompagne l’individu durant toute sa vie. En fait, on la retrouve chez de nombreuses espèces animales. Puisque la nature élimine par évolution toutes les fonctions inutiles, il faut en conclure que l’hypersensibilité remplit des fonctions tout à fait utiles. On suppose notamment que chez les animaux, les individus hypersensibles remplissent une fonction d’alerte précoce: ils perçoivent plus tôt que les autres les menaces qui s’approchent et peuvent en avertir le groupe. Ils augmentent ainsi les probabilités de survie du groupe. Chez les êtres humains, on estime qu’entre 15 et 20% des individus sont hypersensibles – femmes et hommes à égale proportion. Ces chiffres sont une estimation, il en circule d’autres. L’hypersensibilité fait partie inhérente de leur vie du premier au dernier jour. Lorsqu’elle est mal vécue, la solution ne consiste donc pas à se débarrasser de son hypersensibilité ou à vouloir en guérir. Car ce serait comme si on voulait se débarrasser de sa respiration. Une bien meilleure voie consiste donc à prendre conscience d’avoir ce trait, à apprendre à mieux le connaître et à l’accepter. Cela aidera à mieux voir et valoriser les qualités et compétences associées et à mieux faire correspondre son propre fonctionnement intérieur et la vie de tous les jours. On apprend ainsi à mieux prendre soin de soi-même pour mieux gérer son budget d’énergie nerveuse disponible. Et plus on peut reconnaître consciemment et formuler ses propres besoins, plus il devient facile de s’affirmer face à son environnement. Cette intégration de l’hypersensibilité dans la vie quotidienne peut requérir quelques changements dans la manière de vivre. Elle exigera probablement une révision de certaines croyances inhibantes. Un accompagnement sous forme de coaching peut être bien utile dans cette prise de conscience et le transfert dans la vie pratique. 2. L’hypersensibilité n’est pas un trait comportemental, c’est une manière de traiter des signaux sensoriels au plan neurologique. La manière dont ce traitement se répercute ensuite sur le comportement diffère avec chaque individu et change au fil de la vie et de la maturation de chacun. Les anglophones proposent d’ailleurs des termes de remplacement, comme la «Sensory Processing Sensitivity» (sensitivité aux traitements de signaux sensoriels») ou, plus récemment, la «High Sensory Intelligence» (haute intelligence sensorielle). Non seulement ce terme semble plus pertinent, mais il crée une saine distance par rapport à des associations dévalorisantes qui peuvent survenir avec les termes «sensible» ou «sensibilité». (Ainsi la première traduction française du classique d’Elaine Aron portait-elle encore le titre «Ces gens qui ont peur d’avoir peur» - un titre aussi condescendant que hors sujet.) Les hypersensibles ne perçoivent pas forcément plus fortement que les autres les stimuli nerveux. Mais une fois qu’ils sont entrés dans le système nerveux, leur traitement se fait de façon plus intense et profonde. Cela requiert un surcroît de temps et d’énergie. Le cerveau est une grande machine à sélectionner et simplifier. Il traite chaque seconde des millions d’influx nerveux et endocrines et ne laisse qu’une poignée d’entre eux parvenir jusqu’à l’attention consciente ou préconsciente. Chez les hypersensibles, ce seuil est probablement plus bas que chez les autres: le cerveau laisse passer davantage de stimuli qui seront perçus consciemment ou juste au seuil de la conscience. Pour mieux comprendre, prenons une métaphore. Imaginez que vous êtes en vacances sur la côte et nagez dans la mer. Si vous êtes d’une sensibilité «normale», vous avancez à chaque brassée et votre tête ne passe sous l’eau que rarement, lorsque survient une grosse vague. Mais si vous êtes hypersensible, c’est comme si vous alliez involontairement vous retrouver sous l’eau à presque chaque brassée, parfois à plusieurs mètres sous la surface, et il faudra remonter à chaque fois. Vous avancez certes, mais plus lentement et en dépensant plus d’énergie. Mais cela a aussi un avantage: Vous obtenez beaucoup plus d’informations sur tout ce qui se passe sous la surface. Vous voyez les courants profonds et pas seulement les vagues de surface. Vous percevez davantage sur plusieurs niveaux. 3. Une succession de stimuli trop nombreux ou trop intenses peut provoquer une saturation, parfois même une réaction de lutte ou de fuite. Des personnes tierces peuvent mal interpréter cette réaction et la prendre personnellement. En réalité, il s’agit d’un signal d’auto-protection du système nerveux. Il signifie: Il y a un embouteillage de stimuli non traités, rien ne va plus, il me faut une pause, tout de suite ! Pour éviter une pareille accumulation, les personnes hypersensibles doivent veiller à se ménager des pauses et des endroits où se retirer, et apprendre à faire une pause avant que la saturation ne soit atteinte. On pourrait dire: elles doivent apprendre à s’arrêter au feu orange et non au feu rouge. Lorsqu’on se retrouve dans le calme, ne pense à rien de particulier, et se perd peut-être dans des rêveries, le cerveau passe en «mode par défaut» mais travaille de façon étonnamment organisée et structurée. Les tâches de fond du cerveau traitent les stimuli et informations qui se sont accumulés et forment de nouveaux réseaux neuronaux. Par ailleurs, les hypersensibles tendent à s’effrayer plus intensément que d’autres. Cette réaction d’effroi initial peut être mal comprise comme une nature peureuse. En réalité, elle signale une rapide et intense adaptation de l’attention à un changement brusque. L’hypersensibilité au croisement d’autres traits de personnalité L’hypersensibilité va se retrouver mélangée à d’autres traits d’une personne, avec parfois des aspects conflictuels. Ainsi, 30% des hypersensibles seraient aussi des «High Sensation Seekers» (HSS), à la recherche de sensations et d’activités toujours nouvelles. Ces personnes s’ennuient vite, n’aiment pas la routine, cherchent toujours la nouveauté et l’aventure. Ce faisant, elles s’exposent à des marées de sensations qui vont peser lourdement sur leur hypersensibilité. Elles disent souvent que c’est un peu comme conduire une voiture avec un pied sur l’accélérateur et l’autre sur la pédale de frein. Les HSS hypersensibles se distinguent d‘autres HSS en ce qu‘ils ne vont pas entrer toute de suite en action, mais d‘abord évaluer les risques et prendre des précautions adaptées. Et il est très important pour ces personnes de se ménager des pauses et des endroits calmes, pour permettre au cerveau de traiter toutes les sensations accumulées. Certaines particularités des hypersensibles se retrouvent aussi chez d’autres traits. Ainsi, les personnes introverties ont-elles également un besoin de pauses et de silences. On estime d’ailleurs qu’environ 70% des personnes hypersensibles sont aussi introverties. Par conséquent, 30% environ des hypersensibles sont extravertis, s‘exposent à des interactions nombreuses et intenses avec leur environnement et devront donc bien gérer leur énergie nerveuse. On lit parfois que les hauts potentiels intellectuels ou «surdoués» sont systématiquement hypersensibles. Toutefois, la recherche ne semble actuellement pas confirmer cette généralisation. Ces intersections montrent qu’il n’est pas si facile de délimiter l’hypersensibilité de certains autres traits de personnalité.

Forces et défi de l’hypersensibilité au plan personnel et

dans les organisations

Quels sont les trésors et les avantages de l’hypersensibilité? Quels effets a-t-elle sur les individus, sur les relations et sur les organisations? Et quelles difficultés peuvent exister sur lesquelles on peut travailler? Ressentir Les hypersensibles ont souvent une empathie élevée. Ils perçoivent en particulier de nombreux signaux non-verbaux assez subtils pour échapper à la plupart des gens. Cela inclut les micro-expressions qui peuvent traverser le visage d’une personne en face pendant une fraction de seconde. Les hypersensibles peuvent aussi sentir les besoins et aspirations d’autrui et adapter leur comportement en fonction (tout en perdant fréquemment le contact avec leurs propres besoins et aspirations). Ce sont là des qualités qui sont beaucoup appréciées dans les interactions humaines. Elles rendent les hypersensibles capables d’être des amis et collègues attentifs et appréciés sans qu’ils ne s’en rendent toujours compte eux-mêmes. Interagir avec les autres Une partie des hypersensibles peut apparaître d’un abord froid, réservé, raide, voire revêche. La personne en face peut prendre cela au premier degré et se sentir rejetée. En réalité, ce comportement sert à se protéger d’un afflux de stimuli inhérent aux (premières) rencontres. Lorsqu’une relation de confiance est établie, ils peuvent au contraire s’avérer chaleureux, loyaux et tout en finesse. Planifier Les hypersensibles tendent à réfléchir longuement et à évaluer différentes alternatives et leurs conséquences possibles, avant de passer à l’action. Exiger d’eux une décision immédiate peut les mettre en difficulté. L’avantage est que leurs projets seront souvent pensés en profondeur et bien préparés à de nombreux risques avant de passer à la phase de réalisation. Chez certains hypersensibles, ce perfectionnisme peut devenir paralysant. Dans ce cas, il est utile de se dire que 80% sont bien assez, car 80% de 120% sont toujours autour de 100%. Changer Les hypersensibles ont plus de mal que les autres avec les changements, d’autant plus si ce sont des changements qui touchent des éléments fondamentaux de la vie (changer de travail, déménager, etc.). Cela ne veut pas dire que les changements leur sont impossibles. Les processus intérieurs ont simplement besoin d’un peu de temps pour se mettre à jour vis- à-vis des changements extérieurs. Il est donc utile de subdiviser mentalement les changements, de les planifier en plusieurs étapes intermédiaires et de faire une pause après chaque étape. A chacune de ces pauses, il peut très bien surgir un enthousiasme nouveau pour les prochaines actions à venir. D’ailleurs, chaque pause peut utilement servir à faire le point sur le projet en cours et apporter des ajustements. Ainsi, le changement s’opère de façon plus réfléchie et rigoureuse que si on traversait les étapes au galop. Connexions, cohésion et le Grand Tout Les hypersensibles sont très souvent des personnes consciencieuses. Ils réfléchissent aux interconnexions de ce qui passe autour d’eux et à leurs propre rôle et part de responsabilité là-dedans. En général, les hypersensibles ne sont pas de ceux qui imposent leur égoïsme aux autres. Ils ont souvent au contraire un sens prononcé de la justice et de l’équité. Le sentiment de justice fait partie des plus hautes valeurs dans le système de valeurs de la plupart des hypersensibles. Même dans des situations auxquelles ils n’ont aucune part, il peut leur être difficile de supporter que certains ne font que prendre sans donner. Ce sentiment peut devenir impérieux et rendre le monde difficile à vivre. Dans ce cas, il peut être utile de prendre conscience puis soin de ses propres blessures accumulées, afin de ne plus les projeter sur le reste du monde. Dans les entreprises et les organisations, leur sens de l’écoute fait que les collègues s’adressent souvent aux hypersensibles, notamment en cas de difficultés. Cela devient particulièrement important par temps de crise ou de transformation, car ils deviennent des interlocuteurs officieux d’écoute psychologique. Ils font ainsi une contribution considérable, une sorte de leadership psychologique, mais cet apport à la cohésion et à la résilience de l’ensemble humain auquel ils appartiennent reste souvent sous-estimé et même invisible. Il se peut qu’on ne se rende compte de leur apport qu’une fois qu’ils ne sont plus là, par le vide qu’ils laissent. Très sensibles à l’entourage L’hypersensibilité renforce l’impact de l’environnement familial. (Théorie de la «vantage sensitivity»). Dans un environnement familial sain et aimant, les hypersensibles peuvent particulièrement bien éclore et s’épanouir – plus que les autres. Mais un un environnement familial négatif ou malsain aura un effet plus nocif et pourra les traumatiser davantage que les autres. S’ils cherchent plus tard une aide psychologique adaptée et commencent à travailler sur les effets que de tels dysfonctionnements ont eu sur eux, les hypersensibles le feront en général en profondeur et ont donc de meilleures chances de dépasser les conditions difficiles qui ont dominé le début de leur vie. Exprimer sa créativité marche surtout dans un environnement accueillant L’hypersensible est souvent un être créatif. (D’ailleurs, les métiers artistiques sont un domaine dans lequel l’hypersensibilité est depuis toujours beaucoup mieux acceptée que partout ailleurs.) Mais peu d’hypersensibles cherchent à attirer l’attention, car être au centre de l’attention est une stimulation nerveuse supplémentaire s’ajoutant aux intenses traitements sensoriels existants. Dans les meetings et les rencontres, il se peut qu’en particulier les introvertis parmi les hypersensibles parlent peu ou pas du tout. Pourtant, si l’on prenait la peine de leur demander leur avis, la réponse pourrait s’avérer surprenante par son originalité, sa créativité et l’anticipation des différents facteurs et besoins impliqués. De nombreuses réunions ne parviennent pas à faire surgir cet apport parce que, par manque d’une animation adaptée, elles sont accaparées par les personnalités dominantes ou plus fortes en voix. Les animateurs judicieux auront la sagacité d’inviter aussi les voix basses et les silencieux à contribuer leurs vues. Dans un contexte scolaire ou professionnel austère, sévère, stressant, la performance des hypersensibles peut être fortement entravée. Une grande part de l’énergie nerveuse disponible est alors involontairement dépensée à percevoir et analyser la situation, de sorte que la personne hypersensible n’aura qu’un accès restreint à ses ressources. C’est pourquoi il est important que les managers et les enseignants se familiarisent avec les particularités de l’hypersensibilité. Car 15 à 20% des personnes sous leur responsabilité sont hypersensibles ! Ils pourront ainsi choisir des attitudes moins fondées sur la contrainte ou la menace, et davantage engageantes et conviviales. Ainsi, les hypersensibles pourront mieux exprimer leur potentiel pour le bien de tous, au lieu de devoir utiliser une partie de leur énergie disponible à gérer les effets émotionnels de la situation. Certains environnements comme les «open space» ne sont guère favorables aux hypersensibles, tant les distractions sensorielles y sont nombreuses. Hypersensibilité dans des rôles d’encadrement et de direction L’hypersensibilité est-elle compatible avec des rôles d’encadrement et direction dans des organisations et entreprises? Certains disent que non, parce que la pression psychologique et émotionnelle est trop lourde à gérer. Il faut par exemple supporter de ne plus être simplement une personne, mais aussi une fonction et une surface de projection pour les autres niveaux hiérarchiques. Et l’on se retrouve au carrefour des stratégies de l’organisation et de stratégies individuelles, avec toutes les contradictions que cela peut impliquer. Peut-être qu’ici aussi prévaut la règle que les hypersensibles s’épanouissent mieux que d’autres dans un environnement positif et stable mais sont affectés plus que d’autres dans des environnements riches en conflits et en stress négatif. On pourrait en déduire que des hypersensibles dans un rôle d’encadrement ou de direction peuvent être bénéfiques pour des organisations stables où le tissu humain est essentiel. Car leurs aptitudes correspondent alors à ce que l’organisation attend d’eux. Par ailleurs, leur sens de l’écoute fait que les clients peuvent se sentir particulièrement bien entendus et compris par les hypersensibles – avec des effets bénéfiques sur le chiffre d’affaires. En revanche, en temps de crise, de réductions d’effectif ou de restructuration, les organisations deviennent instables et exercent une forte pression sur les individus. Des cadres hypersensibles peuvent alors se retrouver piégés par leur empathie. Car l’organisation attend d’eux la mise en œuvre des stratégies sans grande considération pour le coût humain. Même si ces mesures peuvent être nécessaires pour la survie de l’organisation, l’hypersensible pourra être rongé par des conflits intérieurs qui l’empêcheront d’accomplir ce qui est demandé. Toutefois, une fois la crise passée, le tissu humain en sortira souvent endommagé. Des cadres ou dirigeants hypersensibles pourront alors apporter une contribution essentielle à la guérison humaine de l’organisation. Elle retrouvera plus vite une bonne santé de fonctionnement. Les principes élevés dans l’humain et la nature Les hypersensibles s’intéressent souvent à diverses formes d’élévation, aux arts, à la spiritualité et à la beauté. Cela est lié au fait qu’ils se sentent faire partie d’un Grand Tout – étant de toute façon en échange sensoriel permanent et intense avec le monde autour d’eux. C’est d’ailleurs pour cela qu’aller dans la nature est particulièrement recommandé pour les hypersensibles, surtout en temps de difficultés personnelles.

Que faire de mon hypersensibilité?

Percevoir le monde avec intensité peut être éprouvant. Mais pourquoi serait-ce une faiblesse? Ceux qui pensent que les solutions pour un monde meilleur ne consistent pas en vociférations et polarisations pourraient se tourner vers ce que les hypersensibles ont à proposer. Car ceux-ci savent intuitivement comment améliorer la cohésion d’un ensemble humain – et ils préfèrent de surcroît écouter qu’essayer d’être au centre de l’attention… Bien gérer sa propre hypersensibilité peut passer par les étapes suivantes: 1. Reconnaître sa propre hypersensibilité (par exemple en répondant au questionnaire de Dr. Elaine Aron), 2. s’informer sur ce qu’être hypersensible veut dire dans le détail, commencer à valoriser les forces et les aptitudes que cela apporte, aborder honnêtement les défis que cela comporte, 3. accepter sa propre hypersensibilité et commencer à sortir de tous les comportements et stratégies d’évitement, 4. l’intégrer au quotidien et examiner sa vie et ses croyances dans le détail pour voir où des ajustements sont nécessaires pour améliorer la qualité de vie, 5. s’ouvrir aux autres de son hypersensibilité, mettre en avant ses propres besoins et ses avantages. Car les blessures infligées par l‘environnement font surtout mal là où nous sommes en porte-à-faux avec nous-même. (C‘est le «cadeau» qu‘elles nous font: elles nous montrent les chantiers en attente.) Plus on vit en unité avec sa vraie nature et assume celle-ci, plus on peut être confiant en se montrant aux autres et au monde. Être accompagné d’un coach sur un bout de chemin peut être un excellent choix pour mettre en place votre stabilité et votre boussole intérieures en ces temps incertains, pour ne plus éviter de vivre la vie que vous méritez, pour découvrir en vous les forces et les talents que l’hypersensibilité vous apporte. Si vous avez des ressentis intenses mais que l‘hypersensibilité pourrait ne pas en être l‘origine à vos yeux, une précaution utile est de commencer par consulter un ou une psychothérapeute pour vérifier qu‘il n‘y a pas un trouble psychologique. Un coach n‘est pas thérapeute et ne peut pas établir un tel diagnostic.

Et l’hypersensibilité masculine?

Pourquoi une section à part sur l’hypersensibilité masculine? Le sujet émerge à peine. La littérature sur l’hypersensibilité proprement masculine reste encore rare en France (par exemple «Fort comme un hypersensible» par Maurice Barthélémy et Charlotte Wils). Lorsque les médias parlent d’hypersensibilité, elle est vite associée aux femmes, alors qu’il y a autant d’hommes que de femmes hypersensibles. L’hypersensibilité a toujours été mieux acceptée chez les femmes que chez les hommes (cf. les grands classiques du cinéma), même si les femmes hypersensibles ont tout autant que les hommes des difficultés. Car en- dehors des métiers artistiques, les système de récompense implicites de la société ne valorisent guère cette partie de l’humanité. Cela étant dit, les hommes hypersensibles restent encore de nos jours la cible de vocables comme «lavette», «pleurnicheur» «pas un homme» et autres dénigrements. Le garçon à la recherche de son identité masculine se trouve face à une surabondance de clichés dont il adoptera au moins une partie, au point parfois de nier son hypersensibilité ou de reproduire à l’intérieur les dénigrements venant de l’extérieur. A cela s’ajoute le manque de confiance en soi et d’assertivité de beaucoup d’hypersensibles. Être une personne qui parle plutôt après les autres et à voix basse rend bien ardus les efforts pour se positionner et s’affirmer au milieu du vacarme de la société et de la vie de travail. Dr. Elaine Aron écrit dans son livre sur les hypersensibles en psychothérapie qu’il n’y a peut- être pas deux, mais quatre sexes: les femmes, les hommes, les femmes hypersensibles et les hommes hypersensibles. Elle ajoute que ce sont probablement les hommes hypersensibles qui sont le plus loin d’une bonne acceptation par la société. Peu de femmes sont conscientes combien le vécu de ces hommes ressemble au leur. Il en devient d’autant plus important de découvrir et développer ses ressources intérieures et d’être en bon contact avec soi-même. Ainsi, on reste bien centré et donc moins vulnérable aux blessures par l’environnement. Ces choses-là s’apprennent. Peut-être existe-t-il plein de choses que vous n’avez jamais partagé avec quelqu’un parce jusque-là, aucune femme ni aucun homme ne vous ont donné l’impression de pouvoir l’accepter ou simplement de vouloir l’entendre. Alors pourquoi ne pas partager ces idées, ressentis et considérations avec un homme qui a peut-être vécu des choses semblables et ne vous dévalorisera certainement pas pour enfin les dire? Combien de choses pourraient ensuite prendre une tournure positive dans votre vie?

Alexander Hohmann

Coach Systémique à Fribourg-en-Brisgau (Forêt-Noire)

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Hypersensibilité

L’hypersensibilité s’entend ici au sens des travaux de Dr. Elaine Aron, psychologue clinicienne étatsunienne et chercheuse en psychologie. Son livre désormais classique «The Highly Sensitive Person» (en français: «Hypersensibles, mieux se comprendre pour mieux s’accepter») présenta le concept en 1996. Les milieux thérapeutiques sont loin d’avoir unanimement reconnu l’hypersensibilité comme un trait de personnalité à part entière. Certains doutent même de ce qu’un tel trait puisse exister en tant que tel et y voient plutôt autre chose: névroses, narcissisme... De fait, l’hypersensibilité apporte certains éléments de personnalité qui peuvent aussi avoir d’autres origines. Par exemple, un traumatisme peut causer une hypersensibilisation. Toutefois, celle-ci se manifestera plutôt dans certains contextes spécifiques, alors que l’hypersensibilité en tant que trait autonome existe 24 heures par jour, indépendamment de tout déclencheur extérieur. Il existe dans la recherche neurologique de premiers indices que les axones, ces terminaisons des cellules nerveuses qui transmettent les influx nerveux, portent chez les hypersensibles une enveloppe de myéline plus épaisse. Cela influencerait la vitesse et l’intensité de transmission des signaux nerveux. Mais une telle myélinisation se trouve aussi chez certaines personnes souffrant d’un stress post-traumatique. La recherche en est à ses débuts, mais s’est récemment intensifiée. (Cf. en particulier les travaux de Michael Pluess à l’université Queen Mary de Londres, et plus généralement le réseau international «Sensitivity Research».) L’hypersensibilité concerne tout le monde. Car même ceux qui ne sont pas hypersensibles ont forcément affaire à des personnes qui le sont – dans leur vie privée ou dans les entreprises et organisations. Dans de nombreux pays, des entreprises sont très activement à la recherche de «talents». Peut-être ont-elles des talents cachés dans la maison et ne s’en sont-elles même pas aperçu?

Êtes-vous hypersensible?

Pour le savoir, ouvrez le moteur de recherche de votre choix et cherchez «Elaine Aron Test». Le fameux questionnaire de Dr. Elaine Aron se trouve sur de nombreux sites web et en de nombreuses langues. Il en existe différentes versions avec au maximum 23 question. Quelques-unes des caractéristiques de l’hypersensibilité sont décrites dans ce qui suit. Bien sûr, aucun des traits décrits ne concerne 100% des hypersensibles. Et chaque trait pris isolément se trouve aussi chez des individus non hypersensibles.

Important à savoir sur

l’hypersensibilité

1. Elle n’est ni un trouble mental, ni un dysfonctionnement qu’il faille guérir par thérapie, mais un trait inné qui accompagne l’individu durant toute sa vie. En fait, on la retrouve chez de nombreuses espèces animales. Puisque la nature élimine par évolution toutes les fonctions inutiles, il faut en conclure que l’hypersensibilité remplit des fonctions tout à fait utiles. On suppose notamment que chez les animaux, les individus hypersensibles remplissent une fonction d’alerte précoce: ils perçoivent plus tôt que les autres les menaces qui s’approchent et peuvent en avertir le groupe. Ils augmentent ainsi les probabilités de survie du groupe. Chez les êtres humains, on estime qu’entre 15 et 20% des individus sont hypersensibles – femmes et hommes à égale proportion. Ces chiffres sont une estimation, il en circule d’autres. L’hypersensibilité fait partie inhérente de leur vie du premier au dernier jour. Lorsqu’elle est mal vécue, la solution ne consiste donc pas à se débarrasser de son hypersensibilité ou à vouloir en guérir. Car ce serait comme si on voulait se débarrasser de sa respiration. Une bien meilleure voie consiste donc à prendre conscience d’avoir ce trait, à apprendre à mieux le connaître et à l’accepter. Cela aidera à mieux voir et valoriser les qualités et compétences associées et à mieux faire correspondre son propre fonctionnement intérieur et la vie de tous les jours. On apprend ainsi à mieux prendre soin de soi- même pour mieux gérer son budget d’énergie nerveuse disponible. Et plus on peut reconnaître consciemment et formuler ses propres besoins, plus il devient facile de s’affirmer face à son environnement. Cette intégration de l’hypersensibilité dans la vie quotidienne peut requérir quelques changements dans la manière de vivre. Elle exigera probablement une révision de certaines croyances inhibantes. Un accompagnement sous forme de coaching peut être bien utile dans cette prise de conscience et le transfert dans la vie pratique. 2. L’hypersensibilité n’est pas un trait comportemental, c’est une manière de traiter des signaux sensoriels au plan neurologique. La manière dont ce traitement se répercute ensuite sur le comportement diffère avec chaque individu et change au fil de la vie et de la maturation de chacun. Les anglophones proposent d’ailleurs des termes de remplacement, comme la « Sensory Processing Sensitivity» (sensitivité aux traitements de signaux sensoriels»). Non seulement ce terme semble plus pertinent, mais il crée une saine distance par rapport à des associations dévalorisantes qui peuvent survenir avec les termes «sensible» ou «sensibilité». (Ainsi la première traduction française du classique d’Elaine Aron portait-elle encore le titre «Ces gens qui ont peur d’avoir peur» - un titre aussi condescendant que hors sujet.) Les hypersensibles ne perçoivent pas forcément plus fortement que les autres les stimuli nerveux. Mais une fois qu’ils sont entrés dans le système nerveux, leur traitement se fait de façon plus intense et profonde. Cela requiert un surcroît de temps et d’énergie. Le cerveau est une grande machine à sélectionner et simplifier. Il traite chaque seconde des millions d’influx nerveux et endocrines et ne laisse qu’une poignée d’entre eux parvenir jusqu’à l’attention consciente ou préconsciente. Chez les hypersensibles, ce seuil est probablement plus bas que chez les autres: le cerveau laisse passer davantage de stimuli qui seront perçus consciemment ou juste au seuil de la conscience. Pour mieux comprendre, prenons une métaphore. Imaginez que vous êtes en vacances sur la côte et nagez dans la mer. Si vous êtes d’une sensibilité «normale», vous avancez à chaque brassée et votre tête ne passe sous l’eau que rarement, lorsque survient une grosse vague. Mais si vous êtes hypersensible, c’est comme si vous alliez involontairement vous retrouver sous l’eau à presque chaque brassée, parfois à plusieurs mètres sous la surface, et il faudra remonter à chaque fois. Vous avancez certes, mais plus lentement et en dépensant plus d’énergie. Mais cela a aussi un avantage: Vous obtenez beaucoup plus d’informations sur tout ce qui se passe sous la surface. Vous voyez les courants profonds et pas seulement les vagues de surface. Vous percevez davantage sur plusieurs niveaux. 3. Une succession de stimuli trop nombreux ou trop intenses peut provoquer une saturation, parfois même une réaction de lutte ou de fuite. Des personnes tierces peuvent mal interpréter cette réaction et la prendre personnellement. En réalité, il s’agit d’un signal d’auto- protection du système nerveux. Il signifie: Il y a un embouteillage de stimuli non traités, rien ne va plus, il me faut une pause, tout de suite ! Pour éviter une pareille accumulation, les personnes hypersensibles doivent veiller à se ménager des pauses et des endroits où se retirer, et apprendre à faire une pause avant que la saturation ne soit atteinte. On pourrait dire: elles doivent apprendre à s’arrêter au feu orange et non au feu rouge. Lorsqu’on se retrouve dans le calme, ne pense à rien de particulier, et se perd peut-être dans des rêveries, le cerveau passe en «mode par défaut» mais travaille de façon étonnamment organisée et structurée. Les tâches de fond du cerveau traitent les stimuli et informations qui se sont accumulés et forment de nouveaux réseaux neuronaux. Par ailleurs, les hypersensibles tendent à s’effrayer plus intensément que d’autres. Cette réaction d’effroi initial peut être mal comprise comme une nature peureuse. En réalité, elle signale une rapide et intense adaptation de l’attention à un changement brusque. L’hypersensibilité au croisement d’autres traits de personnalité L’hypersensibilité va se retrouver mélangée à d’autres traits d’une personne, avec parfois des aspects conflictuels. Ainsi, 30% des hypersensibles seraient aussi des «High Sensation Seekers» (HSS), à la recherche de sensations et d’activités toujours nouvelles. Ces personnes s’ennuient vite, n’aiment pas la routine, cherchent toujours la nouveauté et l’aventure. Ce faisant, elles s’exposent à des marées de sensations qui vont peser lourdement sur leur hypersensibilité. Elles disent souvent que c’est un peu comme conduire une voiture avec un pied sur l’accélérateur et l’autre sur la pédale de frein. Les HSS hypersensibles se distinguent d‘autres HSS en ce qu‘ils ne vont pas entrer toute de suite en action, mais d‘abord évaluer les risques et prendre des précautions adaptées. Et il est très important pour ces personnes de se ménager des pauses et des endroits calmes, pour permettre au cerveau de traiter toutes les sensations accumulées. Certaines particularités des hypersensibles se retrouvent aussi chez d’autres traits. Ainsi, les personnes introverties ont-elles également un besoin de pauses et de silences. On estime d’ailleurs qu’environ 70% des personnes hypersensibles sont aussi introverties. Par conséquent, 30% environ des hypersensibles sont extravertis, s‘exposent à des interactions nombreuses et intenses avec leur environnement et devront donc bien gérer leur énergie nerveuse. On lit parfois que les hauts potentiels intellectuels ou «surdoués» sont systématiquement hypersensibles. Toutefois, la recherche ne semble actuellement pas confirmer cette généralisation. Ces intersections montrent qu’il n’est pas si facile de délimiter l’hypersensibilité de certains autres traits de personnalité.

Forces et défi de

l’hypersensibilité au plan

personnel et dans les

organisations

Quels sont les trésors et les avantages de l’hypersensibilité? Quels effets a-t-elle sur les individus, sur les relations et sur les organisations? Et quelles difficultés peuvent exister sur lesquelles on peut travailler? Ressentir Les hypersensibles ont souvent une empathie élevée. Ils perçoivent en particulier de nombreux signaux non-verbaux assez subtils pour échapper à la plupart des gens. Cela inclut les micro-expressions qui peuvent traverser le visage d’une personne en face pendant une fraction de seconde. Les hypersensibles peuvent aussi sentir les besoins et aspirations d’autrui et adapter leur comportement en fonction (tout en perdant fréquemment le contact avec leurs propres besoins et aspirations). Ce sont là des qualités qui sont beaucoup appréciées dans les interactions humaines. Elles rendent les hypersensibles capables d’être des amis et collègues attentifs et appréciés sans qu’ils ne s’en rendent toujours compte eux- mêmes. Interagir avec les autres Une partie des hypersensibles peut apparaître d’un abord froid, réservé, raide, voire revêche. La personne en face peut prendre cela au premier degré et se sentir rejetée. En réalité, ce comportement sert à se protéger d’un afflux de stimuli inhérent aux (premières) rencontres. Lorsqu’une relation de confiance est établie, ils peuvent au contraire s’avérer chaleureux, loyaux et tout en finesse. Planifier Les hypersensibles tendent à réfléchir longuement et à évaluer différentes alternatives et leurs conséquences possibles, avant de passer à l’action. Exiger d’eux une décision immédiate peut les mettre en difficulté. L’avantage est que leurs projets seront souvent pensés en profondeur et bien préparés à de nombreux risques avant de passer à la phase de réalisation. Chez certains hypersensibles, ce perfectionnisme peut devenir paralysant. Dans ce cas, il est utile de se dire que 80% sont bien assez, car 80% de 120% sont toujours autour de 100%. Changer Les hypersensibles ont plus de mal que les autres avec les changements, d’autant plus si ce sont des changements qui touchent des éléments fondamentaux de la vie (changer de travail, déménager, etc.). Cela ne veut pas dire que les changements leur sont impossibles. Les processus intérieurs ont simplement besoin d’un peu de temps pour se mettre à jour vis-à- vis des changements extérieurs. Il est donc utile de subdiviser mentalement les changements, de les planifier en plusieurs étapes intermédiaires et de faire une pause après chaque étape. A chacune de ces pauses, il peut très bien surgir un enthousiasme nouveau pour les prochaines actions à venir. D’ailleurs, chaque pause peut utilement servir à faire le point sur le projet en cours et apporter des ajustements. Ainsi, le changement s’opère de façon plus réfléchie et rigoureuse que si on traversait les étapes au galop. Connexions, cohésion et le Grand Tout Les hypersensibles sont très souvent des personnes consciencieuses. Ils réfléchissent aux interconnexions de ce qui passe autour d’eux et à leurs propre rôle et part de responsabilité là- dedans. En général, les hypersensibles ne sont pas de ceux qui imposent leur égoïsme aux autres. Ils ont souvent au contraire un sens prononcé de la justice et de l’équité. Le sentiment de justice fait partie des plus hautes valeurs dans le système de valeurs de la plupart des hypersensibles. Même dans des situations auxquelles ils n’ont aucune part, il peut leur être difficile de supporter que certains ne font que prendre sans donner. Ce sentiment peut devenir impérieux et rendre le monde difficile à vivre. Dans ce cas, il peut être utile de prendre conscience puis soin de ses propres blessures accumulées, afin de ne plus les projeter sur le reste du monde. Dans les entreprises et les organisations, leur sens de l’écoute fait que les collègues s’adressent souvent aux hypersensibles, notamment en cas de difficultés. Cela devient particulièrement important par temps de crise ou de transformation, car ils deviennent des interlocuteurs officieux d’écoute psychologique. Ils font ainsi une contribution considérable, une sorte de leadership psychologique, mais cet apport à la cohésion et à la résilience de l’ensemble humain auquel ils appartiennent reste souvent sous-estimé et même invisible. Il se peut qu’on ne se rende compte de leur apport qu’une fois qu’ils ne sont plus là, par le vide qu’ils laissent. Très sensibles à l’entourage L’hypersensibilité renforce l’impact de l’environnement familial. (Théorie de la «vantage sensitivity»). Dans un environnement familial sain et aimant, les hypersensibles peuvent particulièrement bien éclore et s’épanouir – plus que les autres. Mais un un environnement familial négatif ou malsain aura un effet plus nocif et pourra les traumatiser davantage que les autres. S’ils cherchent plus tard une aide psychologique adaptée et commencent à travailler sur les effets que de tels dysfonctionnements ont eu sur eux, les hypersensibles le feront en général en profondeur et ont donc de meilleures chances de dépasser les conditions difficiles qui ont dominé le début de leur vie. Exprimer sa créativité marche surtout dans un environnement accueillant L’hypersensible est souvent un être créatif. (D’ailleurs, les métiers artistiques sont un domaine dans lequel l’hypersensibilité est depuis toujours beaucoup mieux acceptée que partout ailleurs.) Mais peu d’hypersensibles cherchent à attirer l’attention, car être au centre de l’attention est une stimulation nerveuse supplémentaire s’ajoutant aux intenses traitements sensoriels existants. Dans les meetings et les rencontres, il se peut qu’en particulier les introvertis parmi les hypersensibles parlent peu ou pas du tout. Pourtant, si l’on prenait la peine de leur demander leur avis, la réponse pourrait s’avérer surprenante par son originalité, sa créativité et l’anticipation des différents facteurs et besoins impliqués. De nombreuses réunions ne parviennent pas à faire surgir cet apport parce que, par manque d’une animation adaptée, elles sont accaparées par les personnalités dominantes ou plus fortes en voix. Les animateurs judicieux auront la sagacité d’inviter aussi les voix basses et les silencieux à contribuer leurs vues. Dans un contexte scolaire ou professionnel austère, sévère, stressant, la performance des hypersensibles peut être fortement entravée. Une grande part de l’énergie nerveuse disponible est alors involontairement dépensée à percevoir et analyser la situation, de sorte que la personne hypersensible n’aura qu’un accès restreint à ses ressources. C’est pourquoi il est important que les managers et les enseignants se familiarisent avec les particularités de l’hypersensibilité. Car 15 à 20% des personnes sous leur responsabilité sont hypersensibles ! Ils pourront ainsi choisir des attitudes moins fondées sur la contrainte ou la menace, et davantage engageantes et conviviales. Ainsi, les hypersensibles pourront mieux exprimer leur potentiel pour le bien de tous, au lieu de devoir utiliser une partie de leur énergie disponible à gérer les effets émotionnels de la situation. Certains environnements comme les «open space» ne sont guère favorables aux hypersensibles, tant les distractions sensorielles y sont nombreuses. Hypersensibilité dans des rôles d’encadrement et de direction L’hypersensibilité est-elle compatible avec des rôles d’encadrement et direction dans des organisations et entreprises? Certains disent que non, parce que la pression psychologique et émotionnelle est trop lourde à gérer. Il faut par exemple supporter de ne plus être simplement une personne, mais aussi une fonction et une surface de projection pour les autres niveaux hiérarchiques. Et l’on se retrouve au carrefour des stratégies de l’organisation et de stratégies individuelles, avec toutes les contradictions que cela peut impliquer. Peut-être qu’ici aussi prévaut la règle que les hypersensibles s’épanouissent mieux que d’autres dans un environnement positif et stable mais sont affectés plus que d’autres dans des environnements riches en conflits et en stress négatif. On pourrait en déduire que des hypersensibles dans un rôle d’encadrement ou de direction peuvent être bénéfiques pour des organisations stables où le tissu humain est essentiel. Car leurs aptitudes correspondent alors à ce que l’organisation attend d’eux. Par ailleurs, leur sens de l’écoute fait que les clients peuvent se sentir particulièrement bien entendus et compris par les hypersensibles – avec des effets bénéfiques sur le chiffre d’affaires. En revanche, en temps de crise, de réductions d’effectif ou de restructuration, les organisations deviennent instables et exercent une forte pression sur les individus. Des cadres hypersensibles peuvent alors se retrouver piégés par leur empathie. Car l’organisation attend d’eux la mise en œuvre des stratégies sans grande considération pour le coût humain. Même si ces mesures peuvent être nécessaires pour la survie de l’organisation, l’hypersensible pourra être rongé par des conflits intérieurs qui l’empêcheront d’accomplir ce qui est demandé. Toutefois, une fois la crise passée, le tissu humain en sortira souvent endommagé. Des cadres ou dirigeants hypersensibles pourront alors apporter une contribution essentielle à la guérison humaine de l’organisation. Elle retrouvera plus vite une bonne santé de fonctionnement. Les principes élevés dans l’humain et la nature Les hypersensibles s’intéressent souvent à diverses formes d’élévation, aux arts, à la spiritualité et à la beauté. Cela est lié au fait qu’ils se sentent faire partie d’un Grand Tout – étant de toute façon en échange sensoriel permanent et intense avec le monde autour d’eux. C’est d’ailleurs pour cela qu’aller dans la nature est particulièrement recommandé pour les hypersensibles, surtout en temps de difficultés personnelles.

Que faire de mon

hypersensibilité?

Percevoir le monde avec intensité peut être éprouvant. Mais pourquoi serait-ce une faiblesse? Ceux qui pensent que les solutions pour un monde meilleur ne consistent pas en vociférations et polarisations pourraient se tourner vers ce que les hypersensibles ont à proposer. Car ceux-ci savent intuitivement comment améliorer la cohésion d’un ensemble humain – et ils préfèrent de surcroît écouter qu’essayer d’être au centre de l’attention… Bien gérer sa propre hypersensibilité peut passer par les étapes suivantes: 1. Reconnaître sa propre hypersensibilité (par exemple en répondant au questionnaire de Dr. Elaine Aron), 2. s’informer sur ce qu’être hypersensible veut dire dans le détail, commencer à valoriser les forces et les aptitudes que cela apporte, aborder honnêtement les défis que cela comporte, 3. accepter sa propre hypersensibilité et commencer à sortir de tous les comportements et stratégies d’évitement, 4. l’intégrer au quotidien et examiner sa vie et ses croyances dans le détail pour voir où des ajustements sont nécessaires pour améliorer la qualité de vie, 5. s’ouvrir aux autres de son hypersensibilité, mettre en avant ses propres besoins et ses avantages. Car les blessures infligées par l‘environnement font surtout mal là où nous sommes en porte-à-faux avec nous-même. (C‘est le «cadeau» qu‘elles nous font: elles nous montrent les chantiers en attente.) Plus on vit en unité avec sa vraie nature et assume celle-ci, plus on peut être confiant en se montrant aux autres et au monde. Être accompagné d’un coach sur un bout de chemin peut être un excellent choix pour mettre en place votre stabilité et votre boussole intérieures en ces temps incertains, pour ne plus éviter de vivre la vie que vous méritez, pour découvrir en vous les forces et les talents que l’hypersensibilité vous apporte. Si vous avez des ressentis intenses mais que l‘hypersensibilité pourrait ne pas en être l‘origine à vos yeux, une précaution utile est de commencer par consulter un ou une psychothérapeute pour vérifier qu‘il n‘y a pas un trouble psychologique. Un coach n‘est pas thérapeute et ne peut pas établir un tel diagnostic.

Et l’hypersensibilité

masculine?

Pourquoi une section à part sur l’hypersensibilité masculine? Le sujet émerge à peine. La littérature sur l’hypersensibilité proprement masculine reste encore rare en France (par exemple «Fort comme un hypersensible» par Maurice Barthélémy et Charlotte Wils). Lorsque les médias parlent d’hypersensibilité, elle est vite associée aux femmes, alors qu’il y a autant d’hommes que de femmes hypersensibles. L’hypersensibilité a toujours été mieux acceptée chez les femmes que chez les hommes (cf. les grands classiques du cinéma), même si les femmes hypersensibles ont tout autant que les hommes des difficultés. Car en- dehors des métiers artistiques, les système de récompense implicites de la société ne valorisent guère cette partie de l’humanité. Cela étant dit, les hommes hypersensibles restent encore de nos jours la cible de vocables comme «lavette», «pleurnicheur» «pas un homme» et autres dénigrements. Le garçon à la recherche de son identité masculine se trouve face à une surabondance de clichés dont il adoptera au moins une partie, au point parfois de nier son hypersensibilité ou de reproduire à l’intérieur les dénigrements venant de l’extérieur. A cela s’ajoute le manque de confiance en soi et d’assertivité de beaucoup d’hypersensibles. Être une personne qui parle plutôt après les autres et à voix basse rend bien ardus les efforts pour se positionner et s’affirmer au milieu du vacarme de la société et de la vie de travail. Dr. Elaine Aron écrit dans son livre sur les hypersensibles en psychothérapie qu’il n’y a peut-être pas deux, mais quatre sexes: les femmes, les hommes, les femmes hypersensibles et les hommes hypersensibles. Elle ajoute que ce sont probablement les hommes hypersensibles qui sont le plus loin d’une bonne acceptation par la société. Peu de femmes sont conscientes combien le vécu de ces hommes ressemble au leur. Il en devient d’autant plus important de découvrir et développer ses ressources intérieures et d’être en bon contact avec soi-même. Ainsi, on reste bien centré et donc moins vulnérable aux blessures par l’environnement. Ces choses-là s’apprennent. Peut-être existe-t-il plein de choses que vous n’avez jamais partagé avec quelqu’un parce jusque-là, aucune femme ni aucun homme ne vous ont donné l’impression de pouvoir l’accepter ou simplement de vouloir l’entendre. Alors pourquoi ne pas partager ces idées, ressentis et considérations avec un homme qui a peut-être vécu des choses semblables et ne vous dévalorisera certainement pas pour enfin les dire? Combien de choses pourraient ensuite prendre une tournure positive dans votre vie?

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Duftende Blütenpracht
Alexander Hohmann Coach Systémique à Fribourg-en-Brisgau